[ITW] Carole Rannou : « A 15 ans, je rêvais déjà de créer des parfums »

D’un côté Paris, la plus belle ville du monde. De l’autre, l’univers du parfum. Pour réunir les deux, il n’y a qu’un pas à franchir. Carole Rannou, ex-directrice marketing du secteur, a pris le pari de créer une marque 100% parisienne avec pour objectif d’enivrer le monde. Son nom : « Paris mon amour ». Rencontre.

Flacon Paris mon Amour. Crédit photo : Carole Rannou
Flacon Paris mon Amour. Crédit photo : Carole Rannou

Carole Rannou a lancé il y a un an sa marque Paris mon Amour, avec la création de trois parfums. La ville lumière sert de fil conducteur pour promouvoir ses fragrances : « j’ai pris les 3 monuments qui me paraissent les plus glamour à savoir la Tour Eiffel, la Place Vendôme et Montmartre. L’idée est de raconter une histoire d’amour dans Paris ». Trois produits commercialisés simultanément. Le défi est de taille mais logique aux yeux de la créatrice : « sortir un seul parfum alors que Paris est très riche, cela m’aurait paru extrêmement pauvre ».

Une passion depuis l’enfance

Carole Rannou. Crédit photo : Carole Rannou
Carole Rannou. Crédit photo : Carole Rannou

Pour Carole, il s’agit d’un projet de longue date qui se concrétise et résonne comme une évidence : « depuis toute petite, je suis passionné par ce domaine. A 15 ans, je rêvais déjà de créer des parfums ». Pour y arriver, elle s’est donné les moyens en faisant ses armes auprès de grands groupes du secteur : « ça fait 20 ans que je fais des parfums et des cosmétiques pour des distributeurs et des grandes marques. J’ai un parcours aussi bien en création qu’en marketing. »

Mais après toutes ces années, la lassitude gagne Carole et elle décide de se lancer un défi pour retrouver sa passion d’antan : « à mon niveau de poste, la gestion des problèmes politiques m’ennuyait. Je suis quelqu’un qui aime concevoir et sortir des produits. Je me disais, le jour venu si tu as une bonne idée, tu le feras. Et le concept m’est venu comme une évidence. »

Paris, le bon filon marketing

Un concept inspiré de son attachement à Paris et qui l’a conforté dans cette idée par ces nombreux déplacements à l’étranger : « en me promenant dans le monde entier, je me suis rendu compte que Paris avait une aura extraordinaire. Donc je me suis dit : tiens, regardons ce qu’il y a à faire. »

Eiffel Kiss. Crédit photo : Carole Rannou

En se penchant d’un peu plus près, l’ex-directrice marketing se rend compte que le champ est libre pour créer un parfum dédié à l’univers de la capitale française : « en observant, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de marque de parfum autour de Paris. Il y a Yves Saint-Laurent qui a fait Paris, mais en regardant la bouteille et le packaging, il n’y a que le nom derrière ».

Carole, qui a du nez, décide de lancer sa marque autour de Paris qu’elle prédestine à l’export, aux touristes, sans oublier les Parisiens. Après tout, la plus belle ville du monde est une référence pour les produits à la mode. Ce qui facilite les bons coups marketing : « Paris est un filon marketing, car ça fait rêver le monde entier. Depuis un an, on en parle de plus en plus et pas forcément que dans le parfum, mais, à tous les niveaux. Ça devient une ville lumière dans tous les sens du terme. »

« Je veux que les choses reviennent à leur juste valeur »

Pour cela, elle s’appuie sur son expérience afin de fabriquer des produits qui feront tout de suite la différence sur un marché déjà bien saturé : « Sortir un énième parfum, ça peut paraître suicidaire. Mais ça fait 20 ans que je suis dans ce métier et j’ai pu en tester beaucoup. Donc, je suis revenu aux fondamentaux avec un joli produit bien fait, avec des codes très parisiens et un prix abordable. »

Le prix, tout l’enjeu pour faire face à une concurrence acharnée face aux mastodontes tels Guerlain, Dior et autres : « sur ce marché où tout est très cher, parce qu’un parfum c’est environ 100 euros, moi j’arrive avec un parfum de très bonne qualité qui va être vendu dans les 25-35 euros. »

Avec ces tarifs annoncés, la créatrice veut combattre « une espèce de snobisme autour du parfum » et rétablir une certaine vérité sur les pratiques des professionnels : « le but, c’est de dire aux consommateurs que lorsqu’on achète un grand parfum, ce qu’il y a dedans cela représente très peu du prix et du produit. Ce que l’on achète surtout, c’est la pub derrière, la star qui va bien, le plan de com, etc… Les fabricants de parfum, c’est un peu comme les lessives. En France, il doit y avoir une dizaine de fabricants qui produisent pour toute la planète. »

Gamme Paris mon Amour. Crédit photo : Carole Rannou
Gamme Paris mon Amour. Crédit photo : Carole Rannou

100% made in France

Un produit « pas cher » qui constitue selon Carole la force de son concept. Une fabrication 100% française et une originalité dans les fragrances sont les autres enjeux, tout aussi capital, pour séduire les consommatrices : « tout est made in France. J’y tenais absolument, pour prouver que l’on peut fabriquer des produits français de bonne qualité et à un bon rapport qualité. Mes matériaux, mes ingrédients sont de la même origine que ceux des grandes marques. »

Pour conquérir la clientèle féminine, la créatrice a travaillé 3 axes de parfum très différents afin de répondre à toutes les femmes : « des femmes qui aiment plutôt les orientaux, d’autres les plus légers, et d’autres qui vont aimer tout ce qui est bouquet floral ». Un vrai challenge, mais aussi une façon de montrer qu’elle est une marque : « ce n’est pas seulement un petit parfum qui va sortir comme ça ».

Un référencement qui fait sa place

Paris mon Amour Montmartre. Crédit photo : Carole Rannou
Paris mon Amour Montmartre. Crédit photo : Carole Rannou

Paris mon Amour a connu ses prémices en janvier 2014 : « J’ai commencé il y a un an. J’ai fait une petite maquette, je l’ai envoyée à des contacts aux États-Unis. En 15 jours, ils m’ont dit : on en veut 2000 tout de suite. Ils n’avaient pas senti le produit, ils ont commandé comme ça ». Une première touche qui encourage Carole dans son ambitieux projet. Dans les mois qui suivent, elle prospecte auprès des distributeurs pour référencer ses trois parfums. A force de persévérance, les portes commencent à s’ouvrir : « La première qui m’a fait confiance c’est une grande enseigne alimentaire présente à la Porte d’Auteuil. Le magasin a été entièrement redesigné sur le thème de Paris. Donc ils m’ont dit : bien évidemment on prend votre produit ». Un premier référencement qui va en appeler d’autres dans la capitale : « j’ai continué à pousser les portes. Maintenant je suis aussi aux Galeries Lafayette et je viens de rentrer dans une enseigne alimentaire présente sur les Champs-Élysées. En 2015, je vais également être référencée sur les points de vente de la Tour Eiffel. » Et de son entrée à la vieille dame de fer, Carole en est fière. Pour rien au monde, elle n’aurait lâché prise : « La Tour Eiffel c’est 6 millions de personnes par an, je ne voulais pas que l’on prenne ma place ». La prochaine étape stratégique sera les aéroports de Paris, car « ce sont des plaques tournantes pour les touristes ».

L’export en ligne de mire

La créatrice n’a pas l’intention de se limiter à la France et aux touristes de passage. Elle vise aussi l’export et espère être présente dans les plus grandes villes du monde : « j’ai des études qui m’aident beaucoup avec le top 10 des meilleurs parfums vendus dans le monde. J’ai étudié tout ça pour être sûr que mes 3 parfums puissent fonctionner à l’international ». Carole a déjà établi des premiers contacts avec l’Asie et plus particulièrement la Chine. Mais d’autres zones géographiques sont également potentiellement porteuses : « le 1er marché où je devrais être, c’est le Moyen-Orient. Parce que c’est le 1er consommateur de parfum au monde. Et il y un autre pays où ça fonctionne très bien aussi, c’est le Brésil. Là-bas, ils adorent le parfum et tout ce que représente Paris. »

Au bout d’un an d’existence, la marque s’exporte déjà aux USA et elle est présente dans 11 points de vente à Paris. Bien lancée dans son challenge, Carole ne compte pas en rester là. Son but est de viser plus haut et de diversifier sa marque en exploitant Paris dans ses moindres recoins : « L’idée c’est de continuer, car il y a plein d’autres endroits à Paris qui font rêver. Et derrière, c’est de faire des lignes de maquillage, des objets, des accessoires… Tout ça dans ce style très glamour, très parisien ». Pour y arriver, la créatrice compte bien séduire des investisseurs pour l’aider à passer à la vitesse supérieure.

Et pourquoi pas concrétiser un jour son « rêve le plus fou » en devenant « le nouvel Occitane, mais parisien ! ».

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