Mercredi dernier, les CRS n’étaient pas là pour encadrer les manifestants mais bien pour faire entendre leurs revendications. Depuis quelques semaines, les affrontements entre ces derniers et les casseurs ne cessent pas… La police semble être à bout.
Avec plus de 350 membres des forces de l’ordre blessés depuis le début des manifestations, les syndicats veulent défendre leurs collègues pris à partie lors des mobilisations contre le projet de loi El Khomri. La haine de la police est de plus en plus présente dans les manifestations. Des slogans tels que « Tout le monde déteste la police » sont de plus en plus entendus.
Le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, a évoqué sur Europe 1 des fonctionnaires « un peu exaspérés », « soumis à une grosse pression » depuis les attentats de 2015, qui « se font agresser verbalement et physiquement ». Les forces de l’ordre ont notamment été mises en cause après qu’un jeune homme a perdu l’usage d’un œil, fin avril à Rennes, et une trentaine d’enquêtes de la « police des polices » (IGPN) ont été ouvertes.
Florian, policier d’une quarantaine d’années, nous raconte son expérience lors d’un affrontement entre sa brigade et les manifestants :
Beaucoup de policiers comme lui s’attendaient à subir des violences en exerçant ce métier, mais celles de ces derniers jours dépassent ce qu’ils avaient imaginé..
Quand on aborde avec lui le sujet des casseurs et le fait que selon certaines personnes les CRS et la police provoquent ces bandes, il nous donne son avis sur la question :
Le policier « Kung Fu »
Kevin, surnommé par les internautes « le policier Kung Fu », a fait les frais de cette violence gratuite. Le jour de la manifestation contre la « haine anti-flics », ce jeune policier de 28 ans a été pris à partie par des casseurs alors qu’il circulait avec un collègue dans leur voiture de service. La scène est violente : les casseurs ont fracassé les vitres du véhicule et l’ont ensuite incendié.
La vidéo a été vue plus de dix millions de fois. Kevin sort de la voiture, et fait preuve d’une incroyable bravoure en ne cédant pas et en faisant face, à mains nues, aux coups de tige métallique qu’il reçoit de l’un des casseurs.
Et pourtant, il n’est pas passé loin de quitter la police. Au moment des faits, il n’était qu’adjoint de sécurité et devait passer son concours pour devenir policier. Après avoir échoué à ce dernier, il s’est finalement vu attribuer une dérogation pour acte de bravoure par le ministre de l’Intérieur.
Une semaine après, le jeune gardien de la paix reprend du service. Il s’est vu remettre une médaille pour son courage et son sans-froid, et il a confié n’avoir aucune haine contre ses agresseurs, et les avoir pardonné.
Mylène Dorange